Pourquoi la direction veut absolument passer par un référendum sur les NAO ?
Chez TotalEnergies, l’innovation ne s’arrête décidément jamais. Après le refus des organisations syndicales de signer un accord NAO jugé insuffisant, la Direction a décidé d’utiliser un autre levier pour contourner l’issue des négociations. Alors, une question se pose : pourquoi vouloir absolument organiser un référendum auprès des salariés pour faire valider cet accord ?
La réponse est assez simple.
Lorsque les syndicats majoritaires refusent de signer un accord, celui-ci ne peut normalement pas s’appliquer. Mais le droit du travail prévoit une possibilité : le référendum d’entreprise. Ce mécanisme permet à la Direction de soumettre directement l’accord aux salariés pour tenter de le faire valider, malgré l’opposition des organisations syndicales.
Pour la Direction, l’intérêt est évident.
D’abord, cela lui permet de contourner le blocage syndical. Si les salariés approuvent l’accord à la majorité, il devient applicable même sans signature des syndicats, qui représentent pourtant les salariés dans les négociations.
Ensuite, cela permet de donner une apparence de légitimité démocratique à un accord rejeté par les représentants du personnel. La Direction pourra alors affirmer que « ce sont les salariés eux-mêmes qui ont choisi ».
Enfin, c’est aussi une stratégie de communication. En présentant le texte directement aux salariés, la Direction peut mettre en avant certains éléments de l’accord, en omettant de rappeler le contexte global : inflation élevée, résultats financiers du groupe ou revendications portées par les syndicats lors des négociations.
Le problème est que ce mécanisme peut affaiblir le rôle de la négociation collective. Les NAO sont censées être un moment où les représentants des salariés discutent d’égal à égal avec l’entreprise pour trouver un accord équilibré. Si sur le papier, le référendum peut sembler démocratique, dans les faits, cela revient surtout à court-circuiter la négociation collective lorsque celle-ci ne va pas dans le sens voulu.
Dans un groupe comme TotalEnergies, qui affiche des résultats financiers spectaculaires ces dernières années, la question posée aux salariés devrait être la suivante : l’accord proposé est-il réellement à la hauteur de la situation de l’entreprise et de l’engagement de ses salariés ?
C’est précisément pour cette raison que Force Ouvrière invite tous les salariés à voter NON!
Attention, aucun quorum n'est nécessaire pour la validation ... exprimez vous massivement!


