NAO UFIP

le 26/11/2025


Alors que s’ouvre aujourd'hui la Négociation Annuelle Obligatoire (NAO) 2025 au sein de l’UFIP, le contexte économique national comme sectoriel impose un débat exigeant, transparent et constructif. Malgré un ralentissement de l’inflation au cours de l’année passée, celle-ci demeure une réalité pour les salariés. Les dépenses incontournables d’énergie, de logement, de transports et d’alimentation ont continué à croître plus rapidement que les salaires, accentuant ainsi la pression sur le pouvoir d’achat et créant un déséquilibre préoccupant.

Dans le secteur des énergies, les entreprises ont affiché des résultats globalement robustes, portés par une activité soutenue mais surtout par les efforts permanents des salariés pour absorber les sous-effectifs et les hausses de charge de travail. Ce décalage entre performances économiques et reconnaissance salariale nourrit des attentes fortes, voire une certaine frustration sociale.

 


 

Début de la réunion 9h30

Les 4 organisations syndicales représentatives, à savoir FO, CGT, CFDT et CFE-CGC, convergent principalement sur une série de revendications relativement proches qu’elles ont argumenté face à la Délégation patronale composée des sociétés TotalEnergies, Exxon, Ineos/Petroineos, Rhône Energie, Eni : hausse des salaires et du RMAG, augmentation de la prime de quart, portabilité de l’ancienneté de branche, ainsi que la revalorisation et le déplafonnement de la prime d’ancienneté.

Les revendications FO mettent particulièrement en avant l’augmentation des rémunérations, la reconnaissance de la pénibilité et l’amélioration des garanties liées à l’ancienneté et au départ à la retraite :

  • Augmentation générale de 3% sur les salaires et le RMAG
  • Prime de quart portée au coefficient 340, pour valoriser la pénibilité de façon équitable
  • Déplafonnement progressif de la prime d’ancienneté et création d’une prime d’ancienneté pour les cadres
  • Revalorisation immédiate de la prime de panier, indexée sur le coefficient 250
  • Portabilité de l’anticipation postée
  • Indemnité de départ à la retraite portée conventionnellement à 6 mois

 

 

Après avoir annoncé une prévision de vente de produit pétrolier en hausse dans le monde, et que la COP30 n’a pas accouché de résolutions sur la baisse d’énergie fossile, la chambre patronale fait sa 1er proposition :

0,8% sur le point de base, 0,8% sur la majoration conventionnelle et 1% sur la sur-majoration. Augmentation du RMAG de 1,32% soit 22 944€

 

 


2éme proposition

La chambre patronale s’est exprimée à 11h, indiquant qu’elle ne donnerait pas suite aux demandes relatives à la revalorisation de la prime de quart, du panier, ainsi qu’à l’ancienneté, qu’elle considère comme des mesures trop spécifique au secteur. Selon elle, l’application de l’ancienneté aux cadres n’est pas justifiée. Les demandes concernant l’IDR ne seront pas examinées.

De plus, la chambre patronale a précisé, sur un ton qui nous semble provocateur, que l’absence de signature des organisations syndicales lors des quatre dernières négociations aurait entraîné une perte estimée de 3 % du pouvoir d’achat pour l’ensemble des salariés, en l’obligeant à revoir ses propositions.

L’UFIPEM n’a répondu à aucunes demandes communes formulées par les organisations syndicales.

Les propositions retenues incluent une augmentation de 1 % du point UFIP, 1 % sur la majoration et 1 % sur la sur-majoration. Le RMAG serait augmenté de 2 % pour atteindre 23 000 €. Enfin summum des propositions … une révision de la participation employeur sur l’indemnité de transport est proposée, passant de 50 % à 55 % pour les stagiaires, contrats professionnels et alternants.

 

 


3e et dernière proposition:

En reprise de séance, FO essai de rassembler les OS sur des demandes communes envers la chambre patronale. L’intersyndicale demande la révision des positions concernant :

  • Prime de quart à 340
  • IDR conventionnellement à 6 mois
  • Déplafonnement de la Prime d’ancienneté
  • Augmentation de la prime de panier calculée sur le coefficient 215

 

Après 5 min de délibération, la chambre patronale revient avec leur dernière proposition :

  • 1% d’augmentation sur du point, idem pour la majoration conventionnelle et la sur-majoration conventionnelle.
  • 4% d’augmentation du RMAG, soit un minimum de 23 549 €
  • Passage de 50 % à 55 % de la prise en charge de l’indemnité de transport pour les stagiaires, contrats professionnels et alternants
  • Passage de 50 à 55% pour la participation employeur sur la mutuelle.
  • Négociation sur l’égalité pro et sur les séniors.
  • Un refus de l’ensemble des propositions communes des syndicats !

Bien entendu, une menace de position de repli à 0.6% s’il ne devait pas y avoir de signataires.

 

La CFDT annonce d’ores et déjà qu’elle sera signataire (pour ceux qui en doutaient …), mais se laisse une semaine de réflexion comme la CFE-CGC …

FO et la CGT indiquent qu’ils ne signeront pas un accord aussi méprisant pour les salariés.

 

Face à une argumentation claire et factuelle des organisations syndicales, expliquant les réalités du terrain mais aussi le contexte économique et la perte du pouvoir d’achat  qui conduisent à ces demandes légitimes, la chambre patronale nous oppose, sans justification, des miettes et une fin de non-recevoir.  

Il est important de dresser un constat objectif de la situation. Les organisations syndicales font leur part : elles portent la voix des salariés et défendent chaque point avec conviction. Mais face au mépris et à la fermeté de la chambre patronale, cela ne suffit plus. Aujourd’hui, la réponse doit venir des tous les salariés. La mobilisation et le rapport de force devient la seule possibilité pour se faire entendre et respecter.

A bon entendeur...